Vendredi 25 novembre 2011 5 25 /11 /Nov /2011 17:04

images-copie-1.jpg Après une convention anti-PS affligeante, «Le rendez-vous des couards» aurait dû être le titre sous le lequel  l'UMP avait tenu la convention nationale de présentation de son projet économique et social 2012.

Il est intéressant de passer en revue ces premiers éléments du programme du parti majoritaire  où valsent classiquement des formules creuses comme «filières d'excellences», «PME conquérantes», «valoriser le travail des Français ».

Ineptie 1 : «Il faut sortir des 35h, en inventant une nouvelle démocratie sociale»

L'UMP parade comme d’habitude: «Les partenaires sociaux ont mis en évidence que nous travaillons beaucoup moins que dans les autres pays européens et développés». Le MEDEF peut-être. Mais à la lecture de cette phrase, les syndicats ont dû s’étrangler parce que cette affirmation -récurrente- de la droite est archi-fausse. Sur l'année 2009, selon l'Insee, les salariés allemands (pour ne citer qu'eux) ont beaucoup moins travaillé (1309 heures) que les Français (1469 heures). Sur le fond, l'UMP propose ni plus ni moins, même si par couardise, elle s'en défend, de supprimer la durée légale du travail.

L’UMP veut ainsi «inciter les employeurs et les employés (et non par leurs représentants à qui ils incombent légalement de négocier) à ouvrir des négociations sur le temps de travail, sans remettre en cause la durée légale du travail de 35 heures». Et ce, «en modulant les exonérations de charges en fonction de l'avancée des négociations».

Mais l’UMP n’est pas à une incohérence près : elle propose, dans le même texte, de maintenir les exonérations fiscales et sociales sur les heures sup «sur la base de la durée du travail définie dans le cadre de la négociation collective». A quoi donc servirait une durée légale du travail si le seuil de déclenchement des heures sup - qui est la fonction de la durée légale - est défini par la négociation de branche ou d'entreprise?

Ineptie 2 : «Nous devons refonder le financement de notre modèle de protection sociale pour qu'il ne pèse plus uniquement sur le travail»

Encore une fois, l’UMP avance masquée ! Sans le dire explicitement, l'UMP propose de mettre en place la TVA sociale, en transférant une partie des cotisations sociales sur la TVA, afin de faire baisser le coût du travail. Une façon de rendre les produits français plus compétitifs à l'exportation. Et, à l'inverse, de pénaliser les produits étrangers en France, qui subiraient la hausse de la TVA sans bénéficier des baisses de cotisations. Sauf que l'UMP ne propose qu'une baisse, sur cinq ans, des cotisations patronales (allocations familiales) en échange d'une hausse de «la fiscalité générale», sous entendue la TVA. Bref, pas de baisse des cotisations des salariés (comme le suggère pourtant le Medef), qui à défaut de gain de pouvoir d'achat, subiraient de plein fouet la hausse de la TVA.

Ineptie 3 : «Nous voulons créer une différence plus importante entre les revenus du travail et les revenus de l'assistance»

C’est le projet phare de l'UMP, pour qui la chasse à l'«assistanat» vire à l'obsession.

Non seulement la droite crée des pauvres par ses mesures iniques, en plus, elle en fait ses têtes de turc ! C’est osé…

Ineptie 4 :«Nous voulons créer un ‘FBI' de la lutte contre les fraudes fiscales et sociales»

Encore une rengaine de la droite, entonnée par Nicolas Sarkozy. Cette «FBI» aux contours flous et mal définis est l'expression du député Dominique Tian, auteur en juin d'un rapport d'information de la mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale.
L'UMP reprend en revanche le «fichier national des fraudeurs sociaux» et la «carte sociale sécurisée» issues de ce rapport. Tout pour viser les assurés sociaux et prestataires d'allocations, alors même que le rapport pointait lui-même que l'immense majorité de la fraude sociale provenait des cotisations non versées, notamment via le travail au noir.

Ineptie 5 :«Nous voulons porter à 1 million le nombre des apprentis sur 5 ans. Pour ceux qui le souhaitent, nous leur donnerons la possibilité d'entrer dans l'apprentissage dès 14 ans»

Pour la droite, l'apprentissage est un tube inusable. En mars 2009, Nicolas Sarkozy promettait déjà de «doubler» le nombre d'apprentis, en le passant de 600.000 à 1,2 millions. Rebelote en novembre 2010, avec la même promesse. Nadine Morano promettait il y a quelques mois 1 million d'apprentis... «Au plus vite».

Quant à l'apprentissage dès 14 ans, c'est un marqueur habituel des politiques de l'UMP. Ils veulent mettre fin au collège unique et des enseignements généraux pour tous jusqu'à 16 ans. La précédente tentative d'ampleur avait été menée en 2005 par Gilles de Robien, alors ministre de l'Education. Devant le tollé, les principaux candidats à la présidentielle de 2007 s'étaient engagés à supprimer cette mesure... ce qu'avait fait Nicolas Sarkozy quelques semaines à peine après son élection.

En définitive, il n’est pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que l’UMP avec ses politiques acquises aux fortunés et au pouvoir d’argent est en complet décalage avec les aspirations sociales et économiques des français. Jean-François Copé aurait certainement besoin de remettre ses troupes à l’heure des urgences françaises. Mais bien avant, il lui faudrait retrouver la montre en or que lui avait offerte son ami Ziad Takieddine.

Par section PS de Chelles
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