Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 14:06

Baron.jpgLes réformes du système de retraite de 1993 et 2003 n’ont réglé ni le problème du financement, ni celui du niveau des pensions qui ne cesse de se dégrader, ni permis de prendre en compte pleinement la situation des carrières longues, la pénibilité et les différences d’espérance de vie.
Au total, notre système de retraite n’est aujourd’hui pas financé durablement et n’assure pas un niveau de vie décent au plus grand nombre des retraités.

Les orientations du Parti Socialiste sur les retraites sont les suivantes :

- la sauvegarde du système par répartition au coeur de notre modèle social et basé sur la solidarité entre générations
- un niveau de pension permettant aux retraités de vivre correctement, alors que celles-ci ont baissé de 20% depuis la réforme Balladur. 1 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 50% ont une retraite inférieure à 1000 euros.
- du volontarisme réel pour le maintien dans l’emploi des plus de 50 ans : seuls 35% des plus de 55 ans occupent un emploi ; une personne sur deux est au chômage ou en préretraite au moment de faire valoir ses droits. Cela grève les recettes des caisses de retraite et pèse négativement sur les droits des salariés concernés.
- Le rapport "Emploi en Europe" publié par la Commisson européenne montre que la part des revenus du travail dans le PIB  a baissé continuellement depuis les 30 dernières années (*) au profit des revenus financiers et que cette part allouée aux salariés est désormais inférieure à ce qu'elle était en 1960 ! Il est donc indispensable que l'effort de solidarité ne pèse pas que sur les seuls salariés et cela la droite UMP se garde bien d'en parler. Il faut introduire de nouvelles ressources dans le système en élargissant l’assiette des cotisations à la valeur ajoutée, le prélèvement de cotisations sur les stocks-options (Philippe Seguin l'avait préconisé) et autres rémunérations non assujetties (5 milliards d’euros de recettes possibles selon le rapport de la Cour des comptes) et l’alimentation du fonds de réserve des retraites.
- L’accroissement de l’espérance de vie et l'arrivée plus tardive sur le marché du travail entraînent un départ réel à la retraite à 61,6 ans. Mais nous voulons que les salariés puissent faire valoir leurs droits à la retraite dès lors qu’ils ont cotisé le nombre de trimestres requis, ce qui signifie que pourraient partir à 58 ou 59 ans par exemple des salariés qui ont commencé à travailler tôt. L’âge légal du départ à la retraite doit donc être maintenu à 60 ans. Cela participe d'autant à la réduction des inégalités sociales (un ouvrier vit 7ans de moins qu'un cadre!) ainsi qu'à la libération d'emplois pour notre jeunesse.
- Il faut prendre en compte les pénibilités liées aux emplois, il faut permettre en la matière des retraites anticipées, par exemple en majorant d’un coefficient les trimestres travaillées dans ces conditions.

Tout cela doit constituer un bouclier "retraites" bien plus équitable qu'un bouclier fiscal profitant à une infime minorité.

Enfin, ce débat ne doit être ni tronqué, ni mené à la hussarde : un diagnostic doit être établi et partagé avec les partenaires sociaux, puis un dialogue national doit être mené où chaque syndicat et chaque parti devra pouvoir se faire entendre. Enfin un véritable débat devra avoir lieu au Parlement sans précipitation ni brutalité comme ce fut le cas en 1993 et 2003 ...

Stéphane Baron

Par section PS de Chelles
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