Lundi 5 janvier 2009 1 05 /01 /Jan /2009 12:00

Ces quelques points  évoqués ci-dessous nous permettront d’esquisser un portrait-robot de notre « hyperprésident », « téléprésident », Nicolas Sarkozy :

  

Pouvoir d'achat

 Nicolas Sarkozy voulait être le "Président du pouvoir d'achat". Un an plus tard, alors que les prix de l'alimentation flambent, le sujet est présenté comme le principal point noir de son début de mandat. Pourtant, il est resté fidèle à son slogan "travailler plus pour gagner plus" et a tenu de façon inique  sa promesse phare : défiscaliser et payer les heures supplémentaires 25 % de plus que les heures normales. Cette disposition figure dans la loi Tepa d'août 2007. Mais Didier Migaud, président (PS) de la Commission des finances de l'Assemblée a constaté, lors d'un premier bilan début avril, l'échec de cette mesure : 600 à 670 millions d'heures supplémentaires effectuées en 2007 contre 900 attendues. Il a aussi souligné le peu de retombées en termes de pouvoir d'achat pour un investissement important : dans le paquet fiscal, cette mesure coûtera en effet près de 6 milliards d'euros par an.


Impôts

Nicolas Sarkozy a également tenu sa promesse inéquitable de supprimer les droits de succession. Il avait annoncé une exonération des franchises de droit et des droits de succession pour 95 % des Français. La loi "en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat" d'août 2007 a concrétisé cette promesse. Elle prévoit effectivement une augmentation du nombre de successions exonérées de droits de 60 % à 95 % des héritages (et non pas des Français, la totalité de la population n'étant pas concernée). Pour atteindre cet objectif, la loi prévoit en particulier une exonération totale pour le conjoint survivant et un abattement triplé à 150 000 euros pour les enfants et les personnes handicapées. Le coût de cette seule mesure a été évalué à 2,2 milliards d'euros par an. Une somme considérée par le parti socialiste comme un "cadeau aux ménages les plus riches" et qui entre autres, a réduit les marges de manœuvre de l'Etat.

Nicolas Sarkozy a également abaissé de 60 à 50 % le bouclier fiscal en y incluant la CSG et la CRDS.


Budget et dette

La promesse phare de ramener la dette à 60 % du PIB" ne sera pas tenu. Nicolas Sarkozy ne ramènera pas la dette à 60 % en 2010 comme il l'avait promis lors de sa campagne. Il avance aujourd'hui l'échéance de 2012 pour y arriver. Mais une chose est sûre : ces 12 premiers mois de présidence n'auront pas permis de la stabiliser et encore moins de la réduire. Le paquet fiscal coûtera 11 milliards d'euros dès 2008 puis 15 milliards d'euros par an à partir de 2009. Le plan de relance va porter la prévision de déficit de l'Etat autour de 76 milliards d'euros.


L’audiovisuel

Avec l'information, 2008 aura été l'année où Nicolas Sarkozy fut partout: avec d'un côté la réforme de l'audiovisuel public annoncée lors de ses vœux à la presse pour 2008 et mise en œuvre dès lundi prochain et, de l'autre, l'organisation des états généraux de la presse lancés le 2 octobre et qui devraient s'achever début janvier par la rédaction d'un “livre vert” et dans la foulée l'annonce des décisions prises par le Président.

Nicolas Sarkozy se penche aujourd'hui sur un malade qu'il a toujours surveillé de très près, plaçant même ses amis aux principaux postes de commandes.

Mais si maladie il y a, c'est d'abord une crise d'indépendance, provoquée par la prise de contrôle des principaux quotidiens d'information par quelques oligarques liés au pouvoir. Ce contrôle, par des groupes dont les médias ne sont pas le cœur de métier, empêche l'innovation et l'invention de nouveaux modèles éditoriaux et économiques.

Avec la reprise en main de France Télévisions par Nicolas Sarkozy, adieu l’indépendance et bienvenue dans l’ère poutinienne…


Le bilan européen de Nicolas Sarkozy.

 Nicolas Sarkozy n'est pas spontanément porté à l'art de la conciliation, qui est l'une des vertus attendues d'un président de l'Union. Brusque et parfois autoritaire, le chef de l'Etat donne souvent l'impression de faire passer l'intérêt de la France avant celui de l'Europe. L'influence de son conseiller spécial, Henri Guaino, le conduit à adopter des comportements qui suscitent la méfiance de ses partenaires. Par tempérament, le chef de l'Etat a plus de goût pour l'action que pour les conciliabules. La gestion de l'Union, selon ses détracteurs, demande plus de diplomatie et de respect des autres.

Sur les relations franco-allemandes, C'est peut-être le principal échec de la présidence française. Le couple franco-allemand a longtemps été le moteur de la construction européenne. La mésentente entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en a perturbé le fonctionnement. Le président français porte une grande part de responsabilité dans la dégradation des relations. Du lancement de l'Union pour la Méditerranée aux polémiques suscitées par la crise financière en passant par la lutte contre le réchauffement climatique, il s'est heurté à la chancelière allemande sans la convaincre de sa bonne volonté.

Enfin, concernant la Chine, le président de la République a manqué l'occasion de s'adresser à Pékin au nom de l'Europe. Il s'est rendu aux Jeux olympiques après avoir menacé de les boycotter. Il a retardé sa rencontre avec le dalaï-lama avant de se résoudre à 30 minutes d'entretien en marge d'une cérémonie en l'honneur de Lech Walesa, à Gdansk. Mauvais calcul : Nicolas Sarkozy a déçu les défenseurs des droits de l'homme avant de s'attirer la colère théâtrale des Chinois.

Ces différents points n’étant pas exhaustifs, il appartiendra à chacun de les compléter par ce qui lui semblera être un raté de la politique Sarkozienne…

 

Par section PS de Chelles
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